Immatriculations 2022 : un bilan pas si mauvais...

4 janv. 2023

Crise sanitaire, pénurie de semi-conducteurs, guerre en Ukraine… Le marché automobile européen a été confronté à de nombreux défis ces derniers mois. Pourtant, à l'heure des comptes, le bilan de l'année 2022 est plutôt encourageant. 

Avec 35.538 voitures particulières immatriculées depuis le 1er janvier, le Luxembourg n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant Covid-19, quand on comptait aux alentours des 50.000 immatriculations annuelles. Mais la situation n'est pas critique pour autant, car la voilure a tendance à se réduire, notamment ces derniers mois, où la baisse des immatriculations par rapport à 2021 est passée de -14% fin juin à -6,4% fin octobre. Il y a plusieurs explications à cela. 

 

Usine de production de véhicules

 

Des carnets de commande en bonne santé 

L'industrie a été fortement impactée par les pénuries de puces électroniques, principalement produites en Asie, et plus récemment de câbles et composants électroniques autrefois sourcés en Ukraine. Celles-ci ont entraîné des retards de livraisons de véhicules neufs alors que, dans les faits, les carnets de commandes sont restés bien chargés. C'est bien cette incapacité des constructeurs à livrer de nouveaux véhicules qui est à blâmer, et non une baisse de l'engouement des clients luxembourgeois à se procurer un véhicule neuf. Mais petit à petit, ces retards commencent à se résorber.  

Un marché tiré vers le haut par les ventes d'électriques 

La compétitivité de notre marché intérieur est aussi à trouver du côté des ventes de véhicules électriques. Si l'essence et le diesel représentent encore 57,6% des immatriculations, celles des voitures électriques sont en forte progression, passant de 10,5% en 2021 à 14,4% cette année. La bonne santé de cette motorisation est, d'après Guido Savi – responsable Febiac au Luxembourg –  due aux mesures mises en place par le gouvernement. Suivant l'objectif européen de bannir la vente de voitures neuves à moteur thermique d'ici 2035, celui-ci a mis en place – jusqu'en 2024des aides à l'achat d'un véhicule électrique pouvant aller jusqu'à 8.000€. Une mesure qui s'est accompagnée d’aides à l'installation de bornes : jusqu'à 50% de remboursement des frais d’installation pour les particuliers et les PME notamment. Des « mesures cohérentes compte tenu des objectifs à atteindre » d'après Guido Savi, qui permettent tout autant de stimuler les ventes d'électriques que de contrecarrer le problème de la recharge, l'un des premiers freins à l'achat. 

Des solutions alternatives 

Cette tendance positive sur l'électrique devrait perdurer, puisque le gouvernement pousse également à la construction de bornes publiques partout sur le territoire. Le programme Chargy prévoit ainsi l'installation de 1.600 bornes de recharge, qui feront à terme du Luxembourg le deuxième pays européen en nombre de  bornes par habitant. Poursuivant cet objectif de neutralité technologique, les énergies alternatives, comme les carburants synthétiques et l'hydrogène, entrent également dans l'équation. Une station à hydrogène devrait ainsi bientôt sortir de terre à Bettembourg.  

Les volumes d'immatriculation ne font donc pas tout, et ces nombreuses mesures devraient permettre de continuer à stimuler le parc automobile luxembourgeois.